Edem Awumey est né et a grandi à Lomé. Cet auteur de 32 ans, qui signe ses œuvres de son prénom et dont l’écriture est centrée sur le thème de l’exil, vit aujourd’hui au Québec. Il a été retenu pour la première sélection du Prix littéraire parisien Goncourt, dévoilée il y a quelques jours à Paris, pour son roman « Les Pieds sales ».
Titulaire de deux diplômes de littérature de l’Université de Lomé (1995-2000), il se voit décerner en 2000 une bourse UNESCO-Aschberg qui lui permettra d’être écrivain en résidence à Marnay-sur-Seine, en France. Entre 2000 et 2005, il obtient des diplômes en langues et littérature et en développement culturel à l’Université de Cergy-Pontoise, puis achève son doctorat, dont le sujet — la littérature de l’exil — rappelle l’œuvre de son mentor, Tahar Ben Jelloun.
Soutenu par son « mentor » Tahar Ben Jelloun, Edem Awumey est la seule voix « francophone » de la première sélection du Goncourt. Ce choix est une petite surprise. La rumeur attendait plutôt Catherine Mavrikakis, dont le roman « Le Ciel de City Bay » a été encensé par la critique. Catherine Mavrikakis n’a pas été retenue, mais elle figure sur la première sélection du Prix Wepler, moins prestigieux mais très respecté.
«Certains ont les épaules mouillées, à peine échappés de la mer, d’autres ont les pieds sales parce qu’ils courent, fuient, espèrent une terre d’asile, un lieu où se reconstruire. […] Que ce soit en Afrique ou en Europe, des damnés de la terre errent sous l’oeil complice du romancier. Ce roman nous concerne tous parce qu’il a une portée universelle.» — Tahar Ben Jelloun de l’Académie Goncourt.
«La vie et l’écriture ne seraient-elles qu’un cheminement, une quête ? La quête justement d’un possible sens à notre parcours existentiel. Écrire non pas pour faire sens mais pour chercher le sens et, dans ma situation précise, le sens de cette vie qui nous est faite sous le soleil tropical.» — Edem Awumey.
« Les Pieds sales »:
Dans la nuit parisienne, Askia et Olia poursuivent des ombres. Le premier est un Télémaque obscur au volant d’un taxi lugubre sur les traces du père. Quant à elle, elle traque avec son appareil photo des figures d’hommes et de femmes sans patrie, des terriens aux pieds sales à force de courir le monde. Comme ces clandestins qui, chaque aube que font les dieux de l’exode, remontent du Sud de leur enfance vers le Nord des errances. De l’Afrique aux rivages européens de Santa Cruz de Ténérife… Des êtres en quête de pain, d’espoir. De terre aussi. Olia pourra-t-elle aider Askia dans sa désespérance ? Et si le dernier salut, le pays ultime au terme de leur périple c’était l’amour dans le regard de l’autre ? Pendant ce temps, les skinheads de la haine se tiennent prêts. A en finir avec celui qui reste l’étranger…
Le premier roman d’Edem Awumey, Port-Mélo (Gallimard, 2006) a obtenu le Grand prix littéraire de l’Afrique noire. Dans ce nouvel opus à l’écriture souple et épurée, les mots disent la solitude des vivants et le vide du monde.
Sources et photo : Seuil










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